Trompe particulièrement longue (env. trois mètres), droite et en métal utilisée au Tibet. Le dung-chen ou rag-dung produit un son grave, profond qui peut être parfois difficile à contrôler. Les musiciens exécutent avec l'instrument des notes longues, appelées "notes pédales".
Le dung-chen est fabriqué dans un alliage de cuivre, de laiton et d'argent. L'embouchure est aplatie et le corps est "télescopique" à la façon d'une lunette de longue vue. Le pavillon est souvent décoré de dessins gravés ou d'incrustations de corail ou de turquoise.
L'instrument est utilisé en paire ou davantage dans les orchestres des monastères tibétains, au cours des rituels bouddhiques. Lors de la procession, à cause de sa conséquente dimension, le port de l'instrument est assisté par une personne tierce.
Dung Chen
Il existe peu de renseignements sur l'origine de l'instrument, toutefois la première mention du rag-dung remonte à l’arrivée au Tibet, en 1042, du savant indien Atisha (982-1054). Certains écrits relevant du "Deb-ther sngon-po" et rédigés au 15ᵉ siècle attribueraient l’invention du rag-dung au roi Lha-btsunpa. L'histoire raconte qu'à l'écoute du son de l’instrument, les populations furent effrayées et s’enfuiyèrent en imaginant qu'une guerre venait d'être déclarée.
Par contre, rien dans ces écrits ne vient cautionner la taille de l’instrument, mais la réaction décrite peut laisser supposer que durant cette époque, dans la région située au nord-ouest de l’Inde, ce genre d’instrument n’était pas utilisé dans des circonstances autres que guerrières.