Instrument à vent, en bois et à anche double de la famille des hautbois, dont il est l'ancêtre. Le mot provient du latin bombus, signifiant « bourdonnement » ou « bruit sourd ».Il demeure, plus particulièrement, comme étant l'une des variantes de hautbois populaire spécifique à la Bretagne. De nos jours, il est utilisé lors de concerts consacrés à la musique ancienne et à la musique traditionnelle bretonne. Toutefois, la bombarde se mélange de temps à autre à des groupes de fest-noz, de rock ou de fanfares de rue.
La bombarde est habituellement associée au biniou pour constituer un couple de sonneurs. L'instrument se présente au sein de petites formations, le bagad, réunissant un pupitre de bombardes entouré de cornemuses, de percussions, dont des caisses claires écossaises.
Après avoir été concurrencée par l'apparition de nouveaux instruments populaires, comme l'accordéon, mais aussi par l'arrivée dans le paysage sonore des instruments électriques, l'utilisation de la bombarde va décliner. Cependant, sa pratique connaît depuis la seconde moitié du 20e siècle, un certain renouveau essentiellement porté par des mouvements associatifs. Cette rencontre entre passé et présent a permis de recueillir les derniers témoignages de sonneurs de l'ancienne génération et de préserver ainsi une tranche culturelle de la musique traditionnelle bretonne.
L'instrument se compose de trois parties :
La tonique de l'instrument est obtenue en bouchant les six trous supérieurs (le septième permettant, lorsqu'il est présent, d'obtenir la sous-tonique). Son ambitus peut couvrir deux octaves à deux octaves plus une tierce mineure, selon la cléterie utilisée. La bombarde émet un son puissant et très caractéristique. L'échelle est le plus souvent majeure, même s'il existe des modèles accordés dans différents modes en fonction de l'usage désiré.
La bombarde se décline dans une famille comprenant le modèle soprano, généralement en si bémol ; l'alto en mi bémol ; le ténor qui sonne à l'octave inférieure de la soprano en si bémol, et la basse également en si bémol et située habituellement à deux octaves de la bombarde soprano.
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L'instrument se tient avec la main gauche en haut du corps, au plus près de la bouche, tandis que la main droite se place en bas du corps. Comme tous les instruments à vent dotés de trous, la note jouée est d'autant plus aiguë que le nombre de trous ouverts est grand. Pour un même registre, les doigtés des autres notes s'obtiennent en ouvrant progressivement les trous de la main droite puis ceux de la main gauche. Une grande partie de la difficulté du jeu provient de l'utilisation de le anche double sur laquelle viennent se poser les lèvres.
La bombarde demande du souffle. Il est fréquemment jouée dans un jeu de "question-réponse" pour lequel le talabarder (nom donné au jour de bombarde) propose régulièrement une phrase musicale qui est ensuite reprise par d'autres instruments, ceci pour lui laisser un temps de récupération. Associée au biniou, la bombarde tient le rôle du principal alors que le biniou joue en permanence en l'accompagnant.