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Free Jazz (mouvement musical)

Mouvement de jazz apparu à la fin des années 1950, fondé essentiellement sur l'improvisation et ne respectant pas les règles traditionnelles de l'harmonie et de la mélodie.

Ce courant controversé se veut libre de toute attache, autant formelle, harmonique que rythmique. Il peut être défini comme un art libertaire de l'instant, n'idéalisant pas nécessairement la maîtrise technique en tant qu'unique objectif. Toutefois, la réussite étant particulièrement laborieuse à saisir dans un tel contexte, le résultat peut se révéler imparfait, critiquable ou inatteignable.

Sur un canevas des plus libres et suivant un arrangement oral des moins contraignants, les ensembles musicaux n'ont pas à se plier à des formes préexistantes pour dialoguer. Les échanges libres laissent place à une créativité absolue. Comme toutes les autres formes de jazz, le free jazz est toujours pratiqué.

Les principaux pionniers sont Ornette Coleman, Don Cherry, Cecil Taylor, Eric Dolphy, Albert Ayler, Archie Shepp, Sun Ra, auxquels il est concevable d'ajouter Anthony Braxton, L'Art Ensemble of Chicago, Pharoah Sanders, Steve Lacy, Sunny Murray, Alan Silva, voire Gato Barbieri. Tous ces musiciens ont exprimé avec plus ou moins d'insistance et de réussite ce langage. Notons également que le saxophoniste John Coltrane réalisera, dans ses dernières œuvres, quelques-uns des meilleurs morceaux de free jazz.


Ornette Coleman/Don Cherry : Double quartet

Le pourquoi du free jazz

Il est exact que les blancs n'ont pas créé le jazz, ils n'ont fait que transformer, capturer ce que les musiciens noirs ont transmis au cours de son histoire. La naissance du free jazz pourrait être apparue du jour où le saxophoniste Ornette Coleman envisagea de jouer, pour ainsi dire, sans aucune préparation, une musique démunie de thème par des improvisateurs désireux de dialoguer entre eux. Cette idée ingénieuse et audacieuse, née un jour de l'année 1958, allait ouvrir toutes grandes les portes non seulement à une autre conception de la liberté, mais aussi à celle de l'aléatoire, de la fausse anarchie.

Cette forme de domestication repose sur une science de l'écoute et de dispositions harmoniques sans canevas. Moduler le langage, tel est le vœu du free jazz. Dans sa période dure qui se poursuivra jusqu'au seuil des années 1970, ce courant a été une arme pour récupérer ce que les amateurs et les critiques blancs auraient perverti. Pour ses ardents défenseurs, la mission était de transcender la technologie et les emprunts qui l'ont asservie, son expression étant de retouver l'attitude instinctive qui caractérise l'art et la culture afro-américaine.

Dans le free, le refus des techniques instrumentales traditionnelles, l'abandon des thèmes et des trames harmoniques et de divers éléments, comme le balancement malléable du swing a été remplacé par une énergie brute avec une volonté de choquer l'auditoire pour ne plus être le jeu d'un divertissement quelconque. Le free jazz est un mouvement libertaire qui l'empêche d'être confondu avec les autres et qui, paradoxalement, le lie à un passé.

Par ailleurs, le terme de free jazz a l'inconvénient de repousser une majorité de mélomanes, alors que cette appellation regorge de multiples styles et d'individualités qui n'ont qu'un lointain rapport avec cette musique. Cet amalgame est dû à diverses récupérations provenant en partie de la « Rock Music » des années 1960, qui voyait dans le mot free (liberté), une manière d'asseoir quelques milieux excentriques à travers une autorité permissive et de mauvais goût. Dans le free jazz, l'essentiel n'est pas seulement d'inventer quelque chose de nouveau, il est impératif que cela soit également pratique et générateur d'autres inventions.

En savoir davantage : LE FREE JAZZ (sur cadenceinfo.com)

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