La bande magnétique (ou ruban magnétique) est un support souple et plastifié enroulé sur une bobine. Il permet la lecture et l'enregistrement de données analogiques ou numériques. Les informations sont lues en mesurant la polarisation des particules magnétiques (oxyde de fer) incluses sur le support.
Différents types de bande magnétique sont utilisés selon leur destination : audio, vidéo, données informatiques. Leur point commun est de posséder une amorce en début et en fin de bande, celle de fin étant utilisée par certains enregistreurs pour donner la possibilité d'être rembobinée automatiquement.
La bande magnétique en matière plastique a été utilisée à ses débuts pour l'enregistrement du son dans les années 1940 (radio et télévision), en remplacement des disques 78 tours. Rapidement, la bande magnétique devient LE support idéal et économique. Il s'impose dans les studios d'enregistrement et se décline en plusieurs largeurs (jusqu'à plus d'un pouce) quand les magnétophones multipistes sont utilisés.
Par exemple, le 1/4 de pouce est celui qui équipe habituellement les magnétophones 4 pistes avec lecture non réversible (dans un seul sens). Dans les années 80, la marque Fostex avait réussi l'exploit de réaliser un magnétophone huit pistes sur cette même largeur, alors qu'habituellement, c'est le 1/2 pouce qui convient. Avec le temps et les avancées technologiques, la largeur des bandes magnétiques a épousé l'inflation des pistes, passant du 16 pistes à 24 pistes, voire davantage.
La bande magnétique professionnelle ne se limite pas au studio. Elle est également présente à la radio et à la télévision. Elle représente une avancée incontestable vis-à-vis du 78 tours, moins pratique, puisque non réenregistrable, sans compter sa durée qui se limite à quelques minutes. La maniabilité de la bande ne fait aucun doute et restera le support son exclusif pour enregistrer et stocker les émissions pour des diffusions ou rediffusions ultérieures. Elle cédera sa place avec l'arrivée des premiers enregistreurs numériques.
À la fin des années 1960, apparaît la cartouche puis la cassette (musicassette de Philips), bande magnétique miniature qu'on loge à l'intérieur d'un boîtier et qui, un temps durant, devient le concurrent du disque vinyle.
Lors du développement du numérique grand public, un nouveau format de cassette est lancé par Sony dans les années 80 pour remplacer la cassette audio : la DAT (Digital Audio Tape) sur laquelle l'information numérique est enregistrée transversalement sur la bande à l'aide d'une tête rotative selon le même principe que dans les magnétoscopes. Or, à leur arrivée sur le marché, les lecteurs de DAT seront onéreux et réservés à une clientèle spécialisée travaillant pour l'essentiel dans les studios. Format polyvalent, la DAT convient aussi bien au magnétophone, au camescope et pour la sauvegarde informatique.
Un dossier extrêmement complet traite de la bande magnétique et de l'enregistrement analogique à cette adresse : L'ENREGISTREMENT ANALOGIQUE (sur pianoweb.fr.)
Indissociable du magnétoscope, celle conçue pour lire les images (et le son) connaitra plusieurs usages, amateur et professionnel. Dans les années 60, son apparition se fait discrète. Seules les chaînes de télévision les utilisent. La lourde bande mesurait 2 pouces et permettait un enregistrement maximum de 1 h 30, avant de se loger dans une cassette de 1 pouce puis de ³⁄₄ de pouce, pour enfin aboutir aux formats U-matic (1978) et Betacam (1982). Ces formats coïncident avec les premières caméras d'épaule utilisées lors de reportages télévisés en extérieur.
Puis, le monde amateur s'empare de la cassette vidéo en l'associant à un magnétoscope facile d'emploi. Les fabricants conçoivent différents types de cassettes vidéo associés à leur catalogue d'enregistreur/lecteur. Il y aura la V2000 de Philips, la Betamax de Sony et la VHS patronnée par JVC. C'est cette dernière, pourtant la moins performante, mais aussi la moins chère, qui deviendra la référence auprès du grand public. L'arrivée économique de ce mode d'enregistrement et de lecture déclenche alors un bouleversement si puissant, que le 7ᵉ art se sentira menacé un temps en voyant des vidéoclubs naître un peu partout pour vanter la location de leurs films.
Parallèlement à cet essor fulgurant, de petits caméscopes voient le jour en logeant une petite cassette, la Hi-8. Tous ces supports sont analogiques et seront rapidement remplacés par des formats stockant la vidéo en numérique ; le format Digital8 et le mini DV étant les plus représentatifs.
La bande magnétique a été utilisée comme mémoire de masse dès les débuts de l'informatique, au début des années 1950. Dans ce domaine, elle va être indétrônable, même face à l'arrivée des disques magnétiques ou optiques. La raison : une grande capacité et un excellent rapport qualité/prix, sans compter qu'elle est amovible et transportable pour passer d'un ordinateur à un autre sans soulever de problèmes particuliers. L'enregistrement est soit linéaire (parallèle à la bande), soit hélicoïdal (en diagonale) et les informations sont lues dans les deux sens.
En raison de la grande capacité de stockage et de leur caractère amovible, elles sont encore utilisées de nos jours dans les « fermes » de serveurs pour faire face aux téraoctets de stockage de données. Seule la durée de vie des données sur bande magnétique laisse planer encore aujourd'hui quelques désaccords entre spécialistes.